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Sur l’air du tralala

par admin

agrégation 2020 Sur l’air de…
Concours externe de l’agrégation du second degré Section musique
Programme de la session 2020

Composer “Sur l’air de...” intertextualité et intermusicalité dans les genres musicaux

(Nouvelle question commune 2020 à l’agrégation externe et à l’agrégation interne)
En France jusqu’au XXe siècle, c’est bien souvent par le filtre de binômes d’opposition (écrit/oral ; citadin/rural...) que se sont définies les musiques savantes occidentales et les musiques populaires (celles du peuple). Ont ainsi été masqués quantité d’espaces transitionnels, de passerelles entre les domaines, les genres musicaux, les groupes sociaux, les espaces géoculturels et temporels.
La composition sur timbres, « Sur l’air de », l’utilisation d’un air connu pour porter de nouvelles paroles déborde volontiers ces limites. Utilisé au Moyen Âge dans le cadre de la centonisation, le principe est largement repris dans les siècles suivants au point de se constituer en genre musical, le vaudeville. Il est aussi d’un usage commun dans les répertoires de cantiques populaires, de Noëls, de théâtres de foire, de sociétés de caveaux voire, plus récemment, dans ceux des élans contestataires, publicitaires, festifs ou encore dans le cadre des musiques actuelles. Les motivations quant à son usage sont diverses : de la reprise d’un air à une époque où la question des droits d’auteur ne se posait pas, à celui d’une démarche didactique dans l’interpellation d’une mémoire collective ; de la volonté de cacher des paroles subversives à la parodie ; de la démarche, intentionnelle ou non, favorisant des rencontres entre les domaines dits savants ou populaires.
Si les publications témoignant de l’usage de ce genre sont innombrables (recueils de chansons, de cantiques, de Noëls, théâtres de foire, sociétés de Caveaux, feuilles volantes...), le genre ne retient, pour autant, que peu l’intérêt aussi bien dans la reconnaissance de l’acte compositionnel que dans la mise en valeur des répertoires qui lui sont propres. Les principes qui régissent la composition sur timbres peuvent être interrogés au regard de cette notion d’impossible frontière et/ou de frontières inventées. Il s’agira alors de se centrer sur les spécificités de ce genre et, par l’étude des répertoires qui lui sont propres, d’en dégager les enjeux et les conséquences dans ce positionnement à la charnière des musiques savantes et populaires.

Bibliographie

Le principe même de La Clef n’est autre que celui d’une compilation, sous forme de recueil, d’airs en vogue et/ou ancrés en mémoire constituant, pour les paroliers, une véritable réserve de supports mélodiques prêts à recevoir de nouveaux vers ; cet usage de mélodies mémorisées pour diffuser des textes de circonstance correspond à ce que l’on entend par composition sur timbre.

Marlène BELLY, compte-rendu de « Herbert SCHNEIDER, ed., La Clef des chansonniers (1717). Erweiterte kritische Neuausgabe, Hildesheim, Zürich, New York : Olms, 2005 », Revue de Musicologie, T. 92, n° 2 (2006), p. 417-419
 JSTOR

Matthew GELBART, The Invention of "Folk Music" and "Art Music" : Emerging Categories from Ossian to Wagner, Cambridge and New York, Cambridge University Press, 2007.
compte-rendu, par Ana Koprivica et François Picard SEEM-PS, séance du 30 mars 2011

Jean-François DUTERTRE, Jean-Loïc LE QUELLEC, (dir.), L’air du temps, du romantisme à la world-music, Parthenay, Editions Modal, FAMDT, 1993

François PICARD, « Du Trad. au Pré-trad. (et retour) », Duo Peylet-Cuniot, musique klezmer d’hier et de demain, notice du CD Buda 92568-2 (1992)
repris DUO PEYLET-CUNIOT - "du Trad au « Pré Trad » (et retour)"

Mathilde Groussard, Fausto Viader, Valérie Hubert, Brigitte Landeau, Ahmed Abbas, et al., "Musical and verbal semantic memory : two distinct neural networks ?", NeuroImage, Elsevier, 2010, 49 (3), p. 2764-2773.

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